Cop. Violette Pouzet-Roussel

Au cours du voyage, nous apprenons qu’en Indonésie, un cerf-volant est utilisé pour la pêche. Il est lancé au-dessus des plans d’eau, le fil enduit de débris de verre, pour accrocher la longue bouche crantée des orphies. Toujours en Indonésie, les combats de cerfs-volants, sur lesquels sont organisés des paris, ont permis l’apparition d’un nouveau métier : le ramasseur de cerf-volant, qui part à la recherche des cerfs-volants dont le fil est coupé – celui du perdant – et que les ramasseurs lui rapportent contre une roupie.
The Spleen reprend la route.
une pièce en huit séquences, avec Frank Micheletti

# Vienne, Autriche - 4 novembre 2017, 16h30
Institut français : médiathèque
Praterstrasse 38, 1020 Wien

# Budapest, Hongrie - 7 novembre 2017, 19 heures
Institut français : médiathèque
1011 Budapest Fo u. 17

et le blog dédié à la spleenologie
Une soirée organisée par le label Apocope, à La Marbrerie, à Montreuil.
Le mercredi 13 septembre, à partir de 20 heures.
21 rue Alexis Lepere - 93100 Montreuil - M° Mairie de Montreuil (ligne 9)



Trois duos inédits :

### Lecture accidentelle à profusion rythmique autour de Infinite lost / pertes infinies de Charles Robinson, à paraître chez APOCOPE avec les dessins de Xavier Mussat.
Batteur et écrivain, Guillaume Ertaud et Charles Robinson proposent un duo inédit, associant voix musicale et polyrythmie fracasse, en explorant le terrible champ de la perte. Nous avons tous perdu. Nous avons même tous perdu beaucoup. La perte est notre cinquième membre, notre queue invisible qui bat le sol, constamment, dans notre dos, tout le long de la fuite.


## Une pianiste debout, penchée sur le corps béant de son piano ouvert, ça n’est pas une autopsie. Le piano est bien vivant. Le piano est un immense organe qui se pince, se martelle de l’intérieur, se triture et se frotte. Jouer du piano serait en fait « jouer de son entièreté ».
Un guitariste assis, guitare préparée, à plat sur les genoux comme une planche à dessin. Il y aurait là aussi une envie de malmener, d’envoyer de la matière remplir les quatre coins. De dérouler un fil inconstant, fragile et cassant. 


Sophie Agnel : https://www.sophieagnel.com/
Xavier Mussat : https://xmussat.bandcamp.com/


# Paul-André Landes reprend son livre Les Reîtres : lecture à voix haute de versets déversés.
Il y avait une évidence dans le choix de l’accompagnement sonore de ce duo : inventeur d’un registre musical organique, minéral et subtil, Benjamin Pagier joue sur les fréquences d’un sfumato fourmillant de détails.
Un chant martial mais atonal. La peau de l’ours portée pour habiter l’animal inanimé.


Benjamin Pagier : https://soundcloud.com/ex_pi
Paul-André Landes : http://www.cipmarseille.com/auteur_fiche.php?id=2141
Les vendanges de Malagar se consacrent cette année à la question des Murs, Limites et Frontières.

Le programme est riche, injectant histoire, cinéma, géographie, sciences politiques... et donc littérature.

Je proposerai un texte inédit : Un innocent, avant de débattre avec la cheffe d'orchestre Zahia Ziouani.


Lecture & débat : samedi 9 septembre, à partir de 11h15

Le programme complet

Sur les tournages, personne ne m’invite pour dîner. J’ai l’impression que les conversations que j’ai envie d’avoir n’intéressent personne. La plupart des gens ne veulent plus discuter de leurs projets ni de leurs idées. Moi, j’en ai besoin mais j’ai du mal à trouver quelqu’un pour ça. Et à force d’être seul, je comprends de moins en moins les autres et j’ai de moins en moins de choses à leur dire. C’est plutôt triste. Je crois que la solitude, c’est de ne jamais trouver les autres quand on en a besoin.
Jean-Luc Godard reçoit du ministère de la Culture, via Jack Lang, la proposition de concevoir un film pour le bicentenaire de la Révolution. Danton n’est pas guillotiné, mais déporté sur une île de la Loire. JLG, pour écrire son film, recontacte un vieil ami historien, et engage une histoire avec la toute jeune fille de celui-ci. Danton est amoureux d’une toute jeune fille. En rencontre une autre. Engage une relation avec elle. Le scénario du film sur la révolution mute vers 93. Mute. Et mute encore, dans un mouvement de canotage. JLG et la jeune fille s’aiment. Danton est déporté sur l’île d’Elbe. Il y rencontre une jeune fille, dont il est amoureux, et qu’il épouse. Napoléon est déporté sur l’île d’Elbe.

On voit bien ici l’effet de réel produit par la récurrence des motifs, qui à la fois fournissent une poétique particulière au roman, et qui fournissent une mécanique de réel, dont la répétition donne un sentiment de lois, de cohérence.

Froger pirate le réel par la fiction. Accrochant des figures de légende (et de ce point de vue, JLG ne vaut pas moins que Danton, comme Jack Lang ne vaut pas moins que Collot d’Herbois). Puis les pousse sur les sentiers du récit en empruntant simultanément vérité historique et fantaisie, sans marquer de passage de l’une à l’autre. Car ce qui compte, c’est l’histoire telle qu’elle s’énonce.
Cela est d’autant plus fort que ce piratage s’opère avec un style de sage mélancolie, dont la précision subtile, à la fois affirmée et retenue, fait parfois penser à Sebald.

Le récit est un sentier que trace la pensée dans, à travers, et à côté de l’Histoire. Le sentier revient toujours au tracé principal, et retrouve le chemin normal, mais il est passé par des écarts buissonniers, lesquels, pour fantaisistes qu’ils sont, n’en sont pas moins crédibles, très cohérents avec ce que l’on connaît du réel (ici, fortement ancré sur les caractères, les personnalités, les manières d’être). Puis ces sentiers se renouent en impromptu au réel, en parfaite harmonie : pour qui connaît un peu le secteur décrit – autour de Chalonnes –, c’est une jolie surprise de découvrir des figures parfois discrètes (le café Lenin, par exemple) subitement branchées aux fictions, irriguées par la fantaisie, presque expliquées, dans leur histoire bien réelle, par le légendaire du roman (mais on pourrait aussi bien le dire des apparitions impromptues, sortes de guest star, qui surgissent dans le livre : Antoine de Baecque, Isabelle Huppert ou Marguerite Duras).

C’est aussi pourquoi le livre fait un fort usage du document. Tout le scénario en travail de JLG est traité sous forme de publications, en voie parallèle aux récits, avec un élégant travail d’interpénétration des calendriers (les aventures réelles-fictionnées de JLG, deviennent façons de fiction dans le scénario qui mute, se transforme, et, comme un corps astral, se déforme pour absorber les événements fictionnellement vécus).

Le lien entre réel et fictions tient sans doute au thème de la mythologie : la révolution française, le cinéma, sont de puissants vecteurs de mythes à rêver.

Attaché à transpercer les êtres qu’il saisit, le roman goûte leurs habiletés de parleur pour mettre en scène des univers mentaux, qui s’inscrivent dans le texte par des jeux de sentences, de discours, qui pourraient revenir fantômes d’entretiens ou des sources documentaires.

Le tout est pris dans une prose élégante, géographiquement lyrique et souple, détaillée sans verbosité, avec un goût très sûr de la description.


Chaque année, les Ateliers Beaux-Arts de la ville de Paris forment près de quatre mille étudiants à des techniques multiples : dessin, aquarelle, photographie, création graphique, bande dessinée, modelage, gravure, etc.
Le cycle Un œil ce n’est pas un trou dans une feuille avec un rond, écrit en résidence, rend compte de la formidable énergie, des singularités, des inventions, des doutes, des trouvailles, des aventures, des compétences, des habiletés, des désirs à l’œuvre au cours de ces ateliers.
Ce cycle se décline en une lecture publique, qui prend la forme d’un atelier éphémère en présence d'un modèle, avec lecture de textes à trois voix.

Vous êtes conviés à participer au crépitement sensible de ces moments de création.

Une discussion avec le public suivra la lecture.

Durée : 30 minutes
Avec : Violette Pouzet-Roussel, Patrick André

Bottines de peau claire. Elle grimpe sur le fauteuil à roulettes à l’équilibre instable, qui tangue sous le poids inattendu, et dont elle contrôle la valse lente, par de menus ajustements qui partent du bassin.
Un corps de photographe, ça transforme un siège à roulettes en barque, et une salle de cours en lac.
Mobilité surélevée, glissante.

On se trompe quand on place l’attention sur les outils : sur la machinerie photographique. La photographie, ça débute par le corps de qui photographie.
La photographie de guerre, avec le corps aventurier du combattant qui ne tire pas. La photographie de paysage, avec son corps arpenteur, endurci à la durée et aux parcours. Et même le portrait, avec un corps intime qui met à l’aise, ou un corps de majesté qui cherche à susciter la pose chez le sujet.

Même la question de la visée est une question de corps avant d’être une question d’œil. Les appareils photo numériques avec leur double système de visée proposent deux façons d’être corps. La concentration est très différente selon que l’on regarde l’écran ou un viseur.
Choisir le viseur, c’est choisir un corps dans l’action. Impliqué dans la scène. C’est le plongeon. Tandis que regarder l’écran établit une position distante, à l’écart de la situation : observateur, à la limite presque du spectateur.
On regarde dans le viseur, ou l’on regarde l’écran. Ce n’est pas du tout la même chose. Le second est une position de contrôle. On regarde ce qui se passe. On sélectionne. Tour de contrôle ?
Il y a une facilité technique dans la visée écran, où le plan se compose grâce à un pagayé à vue, qui doit caler l’appareil dans le flux du réel, dans les sources d’images.

rendez-vous aux Ateliers Beaux-Arts, durant les Portes ouvertes
> vendredi 16, 16h00 : Marc Bloch
> vendredi 16, 20h00 : Glacière
> samedi 17, 15h00 : Baudelaire
> samedi 17, 18h00 : Jean Quarré

rendez-vous dans les médiathèques de la ville de Paris
> 14 juin - 17h30 : bibliothèque André Malraux - 112 Rue de Rennes, 75006 Paris
> 25 juin, 15h30 : médiathèque Françoise Sagan - 8 Rue Léon Schwartzenberg, 75010 Paris
> 30 juin, 18h00 : médiathèque Melville - 79 Rue nationale, 75013 Paris
> 30 juin, 19h00 : médiathèque Melville - 79 Rue nationale, 75013 Paris
> 1 juillet, 16h00 : médiathèque Canopée - Forum des Halles, 10 passage de la Canopée, 75001 Paris